Kinésithérapeute au sein du cabinet Montholon à Bourg-en-Bresse depuis 2010, Thomas Faivre suit aussi les sportifs de haut niveau. Pour l’édition 1000 pattes de l’Ain, il distille ses précieux conseils.
1 : SA VISION DE LA COURSE À PIED
« La course à pied est une activité ancestrale et vitale. La discipline s’inscrit dans un processus simple, car à la portée de tous, et complexe, puisqu’il s’agit de l’une des rares activités sportives qui se pratique sans réel apprentissage. Elle améliore clairement la santé et l’aspect mental. Courir, c’est vivre en meilleure santé. Quel que soit le niveau, le but est de devenir la meilleure version possible de soi-même comme coureur ou coureuse. Au-delà du matériel innovant aux technologies variées (chaussures, montres, semelles carbone…), il est nécessaire de mettre l’accent sur la ressource principale qu’est le corps, en mettant en place de la prévention, qui est la base de tout. 80 % des blessures sont liées à une mauvaise quantification du stress mécanique (autrement dit une surcharge sur les tissus du corps). La machinerie exceptionnelle qu’est le corps a une capacité d’adaptation intrinsèque extraordinaire. Il suffit de lui laisser le temps de s’adapter et de l’écouter. »
2 : LES PATHOLOGIES LES PLUS COURANTES
« Premièrement, on retrouve les pathologies de surcharge sur les tissus (courir plus vite, le dénivelé, les sauts…) Il y a ensuite les pathologies de répétitions (augmentation de la fréquence ou la durée). Enfin, il existe les pathologies d’amplitude (contraintes inhabituelles du corps dans l’amplitude comme les descentes de côtes, quand vous n’êtes pas habitué). On retrouve quatre grandes blessures chez un coureur : le syndrome de l’essuie-glace, les tendinopathies du tendon d’Achille, les syndromes rotuliens, et l’aponévrosite plantaire. Comprendre le type de stress mécanique qui a engendré la blessure permet de mieux orienter le coureur lors de la reprise. »
3 : AVANT DE PARTIR COURIR
« La prévention est primordiale. Il faut absolument s’échauffer, et s’appliquer une certaine routine. L’objectif est que les tissus soient prêts à accepter de la contrainte. L’idée est aussi d’identifier ses faiblesses par rapport à d’éventuelles précédentes blessures, et d’adapter tout cela. Trois types de travaux sont très importants : la mobilité articulaire (déverrouillage), l’activation musculaire (gainage et mini-renforcement des membres inférieurs), et l’échauffement cardiovasculaire (vélo, marche rapide…). »
4 : PENDANT LA SÉANCE
« Il faut quantifier sa séance, en introduisant cette notion de progressivité. Il faut aussi gérer son effort. Attention aux ressentis, à écouter son corps, à la fatigue. Dans ce sens, l’alimentation et l’hydratation sont des facteurs très importants. Il ne faut pas avoir peur de modifier un plan d’entraînement et de l’adapter au ressenti du jour, quitte à sortir d’un programme type. Vous n’allez pas pour autant bouleverser votre objectif final, bien au contraire. »
5 : APRÈS LA SÉANCE
« L’objectif est de limiter l’apparition des phénomènes douloureux inflammatoires, qui sont dus à tous les microtraumatismes engendrés durant la séance et qui sont potentiellement à l’origine d’une pathologie. Il faut également prendre conscience des contraintes mécaniques introduites pendant une séance. Pour cela, il faut glacer les points sensibles connus ressentis, pas plus de 10 minutes, et à une température supérieure à 4°C ; effectuer des étirements doux. et progressifs à distance de l’effort ; se détendre musculairement avec un rouleau de massage, un pistolet de massage… Encore une fois, le sommeil, l’alimentation et l’hydratation sont à surveiller, car ils représentent 75 % de la récupération. »
6 : CONCLUSION
« La quantification du stress mécanique est un principe universel et fondamental dans le traitement des blessures. Quand on la respecte, on augmente la tolérance du corps et l’on progresse. »






