Quasi la moitié des coureurs de la communauté 1000 pattes sont des… coureuses. Via notre page Facebook, elles ont posé des questions sur le thème « course à pied, règles et endométriose. » Pour répondre à leurs interrogations, nous avons fait appel à Dr Bruno Dedet, gynécologue obstétricien, spécialiste de l’endométriose, exerce à la Polyclinique de la Clarence, à Divion.
L’effet des règles est différent d’une femme à l’autre. Quels sont les symptômes avant et pendant ?
C’est très différent d’une patiente à l’autre. Avant, cela peut être de la congestion et de la tension, à la fois dans le bas-ventre et la poitrine, une pesanteur, des troubles de l’humeur, du moral, parfois même des envies alimentaires différentes. Pendant, certaines doivent faire face à des douleurs qui irradient dans le bas du dos et les lombaires, à de la fatigue… Chez d’autres, il peut y avoir un effet libérateur.
Je réalise de meilleures performances lorsque j’ai mes règles. Suis-je un cas isolé ou au contraire est-ce normal ?
A son image, certaines patientes se débarrassent d’une tension qui s’est accumulée pendant 10 à 15 jours avant les règles.
Des conseils pour prévenir les carences en fer ?
Un suivi régulier doit être fait chez les patientes qui ont cette tendance pour prévenir toute anémie. Il faut privilégier une alimentation riche en fer. Mais beaucoup de sportifs mangent peu ou pas de viande. Les légumineuses riches en fer peuvent être complétées par de la spiruline, des compléments prescrits par le médecin traitant et ceux que vous trouvez dans les magasins bio, en parapharmacie… Au-delà, des médicaments limitent le flux menstruel
Pendant mes règles, je peux avoir de très gros gonflements du ventre qui sont douloureux. Quelle solution ?
Il existe des maladies digestives, des troubles du microbiote… Parmi ces derniers, il y a le SIBO, qui se traite par antibiotiques. Au-delà, le charbon est connu pour absorber les gaz et il y a des aliments pauvres en FODMAP à privilégier.
Le moment où les règles ont les effets le plus désagréable tombe le jour de ma course. Comment je gère cela ?
Sous réserve que la fonction rénale ne soit pas altérée, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ne sont pas des produits dopants et peuvent être utiles. Mais attention, ils ont tendance à faire en sorte que le filtre rénal fonctionne moins bien. Il faut donc bien s’hydrater si vous prenez des AINS. Or, sur un trail, en particulier quand il faut chaud, je ne connais pas un sportif qui ne se soit pas retrouvé en galère de flotte. Et en ayant pris des AINS, vous pouvez donc vous retrouver en danger.
Que faire, alors ?
Certaines huiles essentielles et traitements de naturopathie peuvent être utiles dans la gestion des symptômes douloureux. L’argile verte, des traitements médicaux (progestérone en application locale), le chaud-froid… soulagent les tensions mammaires. Il faut faire appel à une somme de petites choses. La médecine seule n’est à mon avis pas suffisante pour l’endométriose. Je fais appel à des confrères nutritionnistes, naturopathes, osthéopathes, acupuncteurs, qui proposent de la médecine chinoise…
J’ai de l’endométriose. Quand: je cours, tout va bien. Je m’arrête, j’ai des douleurs très fortes. Que peut-on faire pour ne pas subir ce désagrément ?
Equilibrer au mieux son traitement pour faire en sorte qu’il y ait le moins possible d’épisodes de règles. Quand vous courez, vous secouez l’endométriose par un phénomène purement mécanique. Et puis, quand on est dans le dur (fractionné, côte…), on entre dans l’inflammation. Il faut bien s’hydrater et privilégier des aliments anti-inflammatoires. C’est important pour les patientes souffrant d’endométriose d’associer une pratique de relaxation, yoga…
Dernière chose par rapport à ces douleurs majorées par l’effort, elles peuvent résulter du Syndrome de congestion pelvien. Un bon signe de ce Syndrome, qui se traite par embolisation, est l’impression que les symptômes douloureux disparaissent en position allongée.
Comment gérer les douleurs pelviennes ? Comment les soulager ?
AINS (avec les réserves vues avant), antalgiques, électrostimulation, pratiques liées au bien-être, alimentation pour les prévenir, hydratation, chaud-froid, osthéo… Et il existe des consultations spécifiques sur la prise en charge de la douleur. A Divion, pour des douleurs de l’utérus, on commence à faire des injections de toxine botulique.
Le renforcement musculaire est-il conseillé avec l’endométriose ?
Oui, mais pas que : renforcement mais associé au relâchement, relaxation…
Est-ce que la course à pied est autorisée avec l’adénomyose ?
Oui, mais il faut juste savoir écouter son corps en étant plus cool au moment des douleurs.






